Magazine
December 22, 2020

La résilience pour imaginer demain plutôt que perpétuer hier

Le terme « résilience » est le mot à la mode pour désigner tout projet ou initiative territoriale. La résilience est-elle utilisée à bon escient par les décideurs ? Que dit-elle de notre trajectoire politique ?

Rob Hopkins : Ces dernières années, la résilience a été progressivement adoptée par les grandes entreprises et les gouvernements, au point de perdre sa radicalité. Tel qu’il est utilisé la plupart du temps, le concept ne remet pas fondamentalement en cause les hypothèses qui sous-tendent les systèmes établis. Prenons l’exemple des 100 villes résilientes de la Fondation Rockefeller, dont Barcelone fait partie. J’ai vu le cas d’une de ces villes qui font un travail sur la résilience cantonné aux risques environnementaux et climatiques comme les risques d’inondation, mais ne font aucun lien en termes d'alimentation, d'agriculture urbaine ou de projets énergétiques locaux. Le concept de la résilience répond alors à la question suivante : comment protéger le statu quo ? Cela revient à se demander comment protéger Wall Street des inondations...ou comment planter des toits verts sur les bâtiments d’Amazon. “Business as usual”.

La résilience invite à concevoir les villes comme des écosystèmes complexes de relations et de ressources.

Pourtant, vous avez vous-mêmes utilisé ce concept de la résilience. Que mettiez-vous derrière cela ?

R. H. : À l'époque où j'ai publié mon premier livre, The Transition Handbook (2008), j'étais fasciné par la résilience. Le terme me semblait plus utile que le concept de développement durable. Il s'agissait d’apprendre en observant comment les systèmes naturels et humains s'adaptent aux chocs, et de répliquer ces modèles. Mais alors que de nombreuses publications se réclamant du concept de résilience se fondaient sur l’idée du “retour à la normale” (bouncing back), avec le mouvement des villes en transition, nous voyions la résilience comme un moyen de rebondir vers l’avant (bouncing forward). Nous voulions utiliser l'anticipation de ces chocs pour concevoir un système différent et mieux disant.

Pour moi, la résilience se met au service de la transition. La résilience est un moyen utile d'articuler ce vers quoi nous essayons de basculer. C'est une façon fondamentale de voir où nous voulons aller et ce à quoi nous voulons ressembler. Elle permet aussi d’examiner les systèmes qui nous entourent. Lesquels sont résilients face aux chocs ? Nos systèmes alimentaires ? Nos écoles ? Notre économie ? Notre système énergétique ? Elle permet aussi d’imaginer des scénarios d’atténuation du dérèglement climatique. S'il est encore possible de rester en dessous d’un réchauffement de 1,5°C, cela nécessite de repenser et de reconstruire en profondeur tous nos systèmes. J’ai à l’esprit ce qu’exprime Naomi Klein à ce sujet : « Il ne reste aucune option non radicale devant nous ». Surtout, la résilience invite à concevoir les villes comme des écosystèmes complexes de relations et de ressources. Comment relier la ville au territoire qui l'entoure ? Qui va cultiver la nourriture ? Avec quel système d'éducation ? Nous devons former les ingénieurs, les architectes et toutes les personnes qui vont participer à résoudre l'urgence climatique et écologique et ces questions. Seulement alors, la résilience est envisagée et utilisée avec une approche imaginative et proactive. Et cela devient passionnant.

Martin Luther King n'a pas dit : « Je rêve qu’un jour... mais il est probablement trop tard, et nous ne voulons pas d'inconvénients... »

La résilience est aussi marquée par notre rapport à la vulnérabilité…  Comment le dépasser ?

R. H. : Quand nous vivons sur une planète où, au cours d'une vie, 70 % des créatures et des espèces auront disparu, ressentir un sentiment profond d'anxiété et de désespoir est parfois la réponse naturelle. Les collapsologues pourraient bien avoir raison et pour certains, c'est une façon puissante de voir les choses. Dans le bouddhisme par exemple, la première des quatre nobles vérités affirme qu'il y aura de la souffrance, que nous vivons dans un monde d'impermanence. Cela nous apprend à vivre avec cette conscience que le monde qui nous entoure est profondément fragile. Et en même temps, si l’effondrement est la seule possibilité que nous pouvons voir, alors cela devient une prophétie qui se réalise d'elle-même. Pour moi, il est encore possible de créer quelque chose d'extraordinaire et de phénoménal si nous y apportons suffisamment d'imagination, de puissance et de travail. Martin Luther King au Lincoln Memorial en 1963 n'a pas dit : « Je rêve qu’un jour... mais il est probablement trop tard, et nous ne voulons pas d'inconvénients... » Nous avons besoin d’une histoire qui fédère et donne à imaginer un monde profondément différent. Mais comment faire naître le désir de cet avenir ? C’est la grande question. Avant que Neil Armstrong ne se pose sur la lune en 1969, il s’est écoulé des décennies d’imagination et de désir d’aller sur notre satellite. Une équipe dont la moyenne d'âge était de 26 ans, et qui partait de presque zéro, l'a réalisé en seulement 10 ans. De la même manière, l’écrivain et poète Reiner Maria Rilke nous enseignait que l'avenir doit nous pénétrer bien avant qu'il ne se produise. Ce qui doit venir en premier, c’est l’envie, le désir.

Vous plaidez pour une reconsidération du pouvoir de l’imagination. Pourquoi manquons-nous d’imagination ? Et pourquoi devons-nous l’entretenir ?

R. H. : En lisant beaucoup d’auteurs que j'admire comme Bill McKibben ou Naomi Klein, j'ai compris que notre approche du changement climatique manque cruellement d'imagination. J’aime définir l’imagination comme la capacité à voir les choses comme si elles pouvaient être autrement. Dans la société, dans les conversations politiques, à l'école ou à l'université, l'imagination se réduit drastiquement. C'est très dangereux ; l'imagination est comme un muscle que nous devons faire travailler. Quand je travaille avec des groupes, je fais beaucoup d'exercices autour de l'imagination, en particulier avec l'outil « et si » (what if?). Il y a tellement de mouvements dont les récits sont « qu’il est aujourd’hui trop tard » ou que « nous avons échoué »... Mais que se passerait-il si nous réussissions dans les dix prochaines années ?  J’invite les groupes en transition avec lesquels je travaille à imaginer ce que serait l'avenir. Comment se sent-on ? Que voyez-vous, que sentez-vous, entendez-vous ? Que faites-vous ou mangez-vous dans ce futur ? Ensuite, nous pouvons imaginer les questions et les valeurs qui ont rendu cet avenir possible. Il est important de le faire au préalable, avant de discuter de la résilience et de la transition, car cela nous amène à être beaucoup plus flexibles mentalement pour les aborder. 

L'imagination est la capacité de voir les choses comme si elles pouvaient être autrement.

Beaucoup de mouvements de transition dessinent un futur décroissant. Comment désirer cet avenir-là ? Un monde décroissant peut-il être un monde épanoui ?

R. H. : L'une des critiques que certains nous adressent est que nous voulons revenir en arrière et ramener les gens dans les grottes. Ma réponse est la suivante : si vous voulez une garantie de retour en arrière, d’entrer dans une ère sombre de famines et de troubles sociaux, alors ne faites rien. Nous vivons dans un monde soumis à des contraintes, mais cela n’a rien de limitant ! Au contraire, un magnifique aspect de l'imagination est qu'elle se développe le mieux lorsqu'elle a des limites. Alors oui, imaginer des systèmes différents implique d'avoir moins. Moins d'anxiété, moins de stress, moins d’abondance matérielle et énergétique. Mais il s'agit aussi d’avoir plus. Plus de convivialité, plus de rues où les enfants jouent, plus de travaux qui ont un sens, plus de choix. Sur le plan économique, je crois beaucoup à l’idée d’un revenu universel pour donner aux personnes l'espace dont elles ont besoin et réduire les inégalités. À Grande-Synthe par exemple, la transition a été conçue autour de la question suivante : "Comment se mettre au service des plus pauvres ?” Encore une fois, tout est une question d'imagination.

Au regard de votre expérience pratique de la transition, quels rôles peuvent jouer les réseaux, groupes de transition et organisations locales ?

R. H. : Dans une société qui souffre d'une épidémie de solitude, d'isolement et d'anxiété, les réseaux de personnes sont le premier vecteur de résilience. La période de Covid l’a montré ; dans le mouvement des villes en transition, plusieurs personnes ont témoigné de l’ampleur prise par leurs projets et réseaux au plus fort de la crise. Soumises à un choc, les communautés ayant le plus de liens sociaux sont les plus résistantes. Et c’est là que commence la transition. 

Néanmoins, les communautés locales de transition ne sont pas la seule chose dont nous avons besoin. Nous avons besoin d'accords internationaux, d’entreprises qui changent profondément ce qu'elles sont et ce qu'elles font, de gouvernements qui créent un cadre favorable pour voir ces démarches se pérenniser. Les maires et les municipalités doivent aussi jouer leur rôle et donner aux communautés les ressources et les équipements nécessaires pour être actrices de la transition.

La transition est comme l'inoculation d'une micro-culture : vous ne pouvez pas prévoir où elle se répandra et elle portera ses fruits dans des endroits que vous ne soupçonnez pas.

Les maires sont une figure politique importante en France. Peuvent-ils avoir un rôle plus proactif dans les mouvements de transition?

R. H. : Lorsque nous avons conçu le mouvement de transition, il s'agissait d'une boîte à outils pour les communautés qui voulaient commencer depuis là où elles se trouvaient, sans attendre la permission de leur gouvernement local. Ce fut le modèle des dix premières années. Mais si les maires n’ont que très peu de pouvoir en Grande-Bretagne, ce n’est pas le cas partout ailleurs en Europe, à commencer par la France. C'est l'une des raisons pour lesquelles le mouvement de transition a mis en place « Municipalités en transition », un projet international qui tente d'explorer les liens entre les communautés et les municipalités. Si nous voulons avancer à la vitesse nécessaire, il est essentiel d'avoir des maires alignés. De nombreux exemples montrent que l’action du maire peut être décisive : à Grande-Synthe avec Damien Carême, Ungersheim avec Jean-Claude Mensch. 

Mais la transition n’est pas un processus linéaire. C'est comme l'inoculation d'une micro-culture : vous ne pouvez pas prévoir où elle se répandra et elle portera ses fruits dans des endroits que vous ne soupçonnez pas. Dans le mouvement des villes en transition, nous nous réjouissons d'explorer ces limites, ces zones d'incertitude et nous sommes à l'aise avec la polarité. Nous devons avoir confiance en ce vers où la transition nous mène. La ville de Liège est un bon exemple de la façon dont ces initiatives se développent. Ils ont commencé il y a sept ans avec une grande question : et si, dans une génération, la majorité de la nourriture consommée dans la ville provenait du territoire le plus proche de la ville ? Ils ont maintenant 25 nouvelles coopératives, une monnaie locale, et ont récolté 5 millions d'euros d'investissements auprès des Liégeois. Cela a commencé avec un petit groupe local de transition avant d’être revendiqué par le maire, qui affirme aujourd’hui : « C'est l'histoire de la ville. Nous voulions être une ville intelligente, maintenant nous voulons être une ville en transition ». 

Le moment que nous vivons appelle à être visionnaire, brillant, courageux.

Chez Ouishare, nous interagissons entre autres avec des décideurs, publics ou privés, et avec des personnes variées en capacité d’agir. Si vous aviez un message à leur partager, quel serait-il ?

R. H. : De quel côté de l'histoire voulez-vous être ? Comment voulez-vous qu'on se souvienne de vous ? Voulez-vous faire partie de ces personnes qui saisissent les opportunités qui se présentent et ne sont pas paralysées par la peur d'une croyance selon laquelle rien ne peut changer ? Le moment que nous vivons appelle à être visionnaire, brillant, courageux et à créer l'avenir pour lequel vos petits-enfants vous remercieront. Aujourd’hui, le monde a avant tout besoin de récits. Des récits de personnes en position de pouvoir qui répondent avec courage et intégrité aux défis actuels, et qui, à leur tour, partagent ces histoires.

_______

Rob Hopkins est un enseignant en permaculture ; il est l'initiateur du mouvement des villes en transition et a lancé celle de la ville de Totnes en 2006.

_______

Sur le même sujet:

> "Pour penser "Demain", intéressons-nous aux imaginaires d'"Aujourd'hui""

> "En Misarchie, le "monde d'après" existe déjà"

> "La transition n'est pas un long fleuve tranquille"

La résilience pour imaginer demain plutôt que perpétuer hier

by 
Anthony Cara
Magazine
December 4, 2020
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ENTRETIEN avec Rob Hopkins. Dans son dernier ouvrage, l’initiateur du mouvement des villes en transition remet avec passion l’imagination au cœur de notre approche de la transition écologique et de la résilience. Et si c’était l’élément qui nous faisait défaut pour parvenir à dépasser le statu quo pour de bon, et incarner une transition authentique ?

Le terme « résilience » est le mot à la mode pour désigner tout projet ou initiative territoriale. La résilience est-elle utilisée à bon escient par les décideurs ? Que dit-elle de notre trajectoire politique ?

Rob Hopkins : Ces dernières années, la résilience a été progressivement adoptée par les grandes entreprises et les gouvernements, au point de perdre sa radicalité. Tel qu’il est utilisé la plupart du temps, le concept ne remet pas fondamentalement en cause les hypothèses qui sous-tendent les systèmes établis. Prenons l’exemple des 100 villes résilientes de la Fondation Rockefeller, dont Barcelone fait partie. J’ai vu le cas d’une de ces villes qui font un travail sur la résilience cantonné aux risques environnementaux et climatiques comme les risques d’inondation, mais ne font aucun lien en termes d'alimentation, d'agriculture urbaine ou de projets énergétiques locaux. Le concept de la résilience répond alors à la question suivante : comment protéger le statu quo ? Cela revient à se demander comment protéger Wall Street des inondations...ou comment planter des toits verts sur les bâtiments d’Amazon. “Business as usual”.

La résilience invite à concevoir les villes comme des écosystèmes complexes de relations et de ressources.

Pourtant, vous avez vous-mêmes utilisé ce concept de la résilience. Que mettiez-vous derrière cela ?

R. H. : À l'époque où j'ai publié mon premier livre, The Transition Handbook (2008), j'étais fasciné par la résilience. Le terme me semblait plus utile que le concept de développement durable. Il s'agissait d’apprendre en observant comment les systèmes naturels et humains s'adaptent aux chocs, et de répliquer ces modèles. Mais alors que de nombreuses publications se réclamant du concept de résilience se fondaient sur l’idée du “retour à la normale” (bouncing back), avec le mouvement des villes en transition, nous voyions la résilience comme un moyen de rebondir vers l’avant (bouncing forward). Nous voulions utiliser l'anticipation de ces chocs pour concevoir un système différent et mieux disant.

Pour moi, la résilience se met au service de la transition. La résilience est un moyen utile d'articuler ce vers quoi nous essayons de basculer. C'est une façon fondamentale de voir où nous voulons aller et ce à quoi nous voulons ressembler. Elle permet aussi d’examiner les systèmes qui nous entourent. Lesquels sont résilients face aux chocs ? Nos systèmes alimentaires ? Nos écoles ? Notre économie ? Notre système énergétique ? Elle permet aussi d’imaginer des scénarios d’atténuation du dérèglement climatique. S'il est encore possible de rester en dessous d’un réchauffement de 1,5°C, cela nécessite de repenser et de reconstruire en profondeur tous nos systèmes. J’ai à l’esprit ce qu’exprime Naomi Klein à ce sujet : « Il ne reste aucune option non radicale devant nous ». Surtout, la résilience invite à concevoir les villes comme des écosystèmes complexes de relations et de ressources. Comment relier la ville au territoire qui l'entoure ? Qui va cultiver la nourriture ? Avec quel système d'éducation ? Nous devons former les ingénieurs, les architectes et toutes les personnes qui vont participer à résoudre l'urgence climatique et écologique et ces questions. Seulement alors, la résilience est envisagée et utilisée avec une approche imaginative et proactive. Et cela devient passionnant.

Martin Luther King n'a pas dit : « Je rêve qu’un jour... mais il est probablement trop tard, et nous ne voulons pas d'inconvénients... »

La résilience est aussi marquée par notre rapport à la vulnérabilité…  Comment le dépasser ?

R. H. : Quand nous vivons sur une planète où, au cours d'une vie, 70 % des créatures et des espèces auront disparu, ressentir un sentiment profond d'anxiété et de désespoir est parfois la réponse naturelle. Les collapsologues pourraient bien avoir raison et pour certains, c'est une façon puissante de voir les choses. Dans le bouddhisme par exemple, la première des quatre nobles vérités affirme qu'il y aura de la souffrance, que nous vivons dans un monde d'impermanence. Cela nous apprend à vivre avec cette conscience que le monde qui nous entoure est profondément fragile. Et en même temps, si l’effondrement est la seule possibilité que nous pouvons voir, alors cela devient une prophétie qui se réalise d'elle-même. Pour moi, il est encore possible de créer quelque chose d'extraordinaire et de phénoménal si nous y apportons suffisamment d'imagination, de puissance et de travail. Martin Luther King au Lincoln Memorial en 1963 n'a pas dit : « Je rêve qu’un jour... mais il est probablement trop tard, et nous ne voulons pas d'inconvénients... » Nous avons besoin d’une histoire qui fédère et donne à imaginer un monde profondément différent. Mais comment faire naître le désir de cet avenir ? C’est la grande question. Avant que Neil Armstrong ne se pose sur la lune en 1969, il s’est écoulé des décennies d’imagination et de désir d’aller sur notre satellite. Une équipe dont la moyenne d'âge était de 26 ans, et qui partait de presque zéro, l'a réalisé en seulement 10 ans. De la même manière, l’écrivain et poète Reiner Maria Rilke nous enseignait que l'avenir doit nous pénétrer bien avant qu'il ne se produise. Ce qui doit venir en premier, c’est l’envie, le désir.

Vous plaidez pour une reconsidération du pouvoir de l’imagination. Pourquoi manquons-nous d’imagination ? Et pourquoi devons-nous l’entretenir ?

R. H. : En lisant beaucoup d’auteurs que j'admire comme Bill McKibben ou Naomi Klein, j'ai compris que notre approche du changement climatique manque cruellement d'imagination. J’aime définir l’imagination comme la capacité à voir les choses comme si elles pouvaient être autrement. Dans la société, dans les conversations politiques, à l'école ou à l'université, l'imagination se réduit drastiquement. C'est très dangereux ; l'imagination est comme un muscle que nous devons faire travailler. Quand je travaille avec des groupes, je fais beaucoup d'exercices autour de l'imagination, en particulier avec l'outil « et si » (what if?). Il y a tellement de mouvements dont les récits sont « qu’il est aujourd’hui trop tard » ou que « nous avons échoué »... Mais que se passerait-il si nous réussissions dans les dix prochaines années ?  J’invite les groupes en transition avec lesquels je travaille à imaginer ce que serait l'avenir. Comment se sent-on ? Que voyez-vous, que sentez-vous, entendez-vous ? Que faites-vous ou mangez-vous dans ce futur ? Ensuite, nous pouvons imaginer les questions et les valeurs qui ont rendu cet avenir possible. Il est important de le faire au préalable, avant de discuter de la résilience et de la transition, car cela nous amène à être beaucoup plus flexibles mentalement pour les aborder. 

L'imagination est la capacité de voir les choses comme si elles pouvaient être autrement.

Beaucoup de mouvements de transition dessinent un futur décroissant. Comment désirer cet avenir-là ? Un monde décroissant peut-il être un monde épanoui ?

R. H. : L'une des critiques que certains nous adressent est que nous voulons revenir en arrière et ramener les gens dans les grottes. Ma réponse est la suivante : si vous voulez une garantie de retour en arrière, d’entrer dans une ère sombre de famines et de troubles sociaux, alors ne faites rien. Nous vivons dans un monde soumis à des contraintes, mais cela n’a rien de limitant ! Au contraire, un magnifique aspect de l'imagination est qu'elle se développe le mieux lorsqu'elle a des limites. Alors oui, imaginer des systèmes différents implique d'avoir moins. Moins d'anxiété, moins de stress, moins d’abondance matérielle et énergétique. Mais il s'agit aussi d’avoir plus. Plus de convivialité, plus de rues où les enfants jouent, plus de travaux qui ont un sens, plus de choix. Sur le plan économique, je crois beaucoup à l’idée d’un revenu universel pour donner aux personnes l'espace dont elles ont besoin et réduire les inégalités. À Grande-Synthe par exemple, la transition a été conçue autour de la question suivante : "Comment se mettre au service des plus pauvres ?” Encore une fois, tout est une question d'imagination.

Au regard de votre expérience pratique de la transition, quels rôles peuvent jouer les réseaux, groupes de transition et organisations locales ?

R. H. : Dans une société qui souffre d'une épidémie de solitude, d'isolement et d'anxiété, les réseaux de personnes sont le premier vecteur de résilience. La période de Covid l’a montré ; dans le mouvement des villes en transition, plusieurs personnes ont témoigné de l’ampleur prise par leurs projets et réseaux au plus fort de la crise. Soumises à un choc, les communautés ayant le plus de liens sociaux sont les plus résistantes. Et c’est là que commence la transition. 

Néanmoins, les communautés locales de transition ne sont pas la seule chose dont nous avons besoin. Nous avons besoin d'accords internationaux, d’entreprises qui changent profondément ce qu'elles sont et ce qu'elles font, de gouvernements qui créent un cadre favorable pour voir ces démarches se pérenniser. Les maires et les municipalités doivent aussi jouer leur rôle et donner aux communautés les ressources et les équipements nécessaires pour être actrices de la transition.

La transition est comme l'inoculation d'une micro-culture : vous ne pouvez pas prévoir où elle se répandra et elle portera ses fruits dans des endroits que vous ne soupçonnez pas.

Les maires sont une figure politique importante en France. Peuvent-ils avoir un rôle plus proactif dans les mouvements de transition?

R. H. : Lorsque nous avons conçu le mouvement de transition, il s'agissait d'une boîte à outils pour les communautés qui voulaient commencer depuis là où elles se trouvaient, sans attendre la permission de leur gouvernement local. Ce fut le modèle des dix premières années. Mais si les maires n’ont que très peu de pouvoir en Grande-Bretagne, ce n’est pas le cas partout ailleurs en Europe, à commencer par la France. C'est l'une des raisons pour lesquelles le mouvement de transition a mis en place « Municipalités en transition », un projet international qui tente d'explorer les liens entre les communautés et les municipalités. Si nous voulons avancer à la vitesse nécessaire, il est essentiel d'avoir des maires alignés. De nombreux exemples montrent que l’action du maire peut être décisive : à Grande-Synthe avec Damien Carême, Ungersheim avec Jean-Claude Mensch. 

Mais la transition n’est pas un processus linéaire. C'est comme l'inoculation d'une micro-culture : vous ne pouvez pas prévoir où elle se répandra et elle portera ses fruits dans des endroits que vous ne soupçonnez pas. Dans le mouvement des villes en transition, nous nous réjouissons d'explorer ces limites, ces zones d'incertitude et nous sommes à l'aise avec la polarité. Nous devons avoir confiance en ce vers où la transition nous mène. La ville de Liège est un bon exemple de la façon dont ces initiatives se développent. Ils ont commencé il y a sept ans avec une grande question : et si, dans une génération, la majorité de la nourriture consommée dans la ville provenait du territoire le plus proche de la ville ? Ils ont maintenant 25 nouvelles coopératives, une monnaie locale, et ont récolté 5 millions d'euros d'investissements auprès des Liégeois. Cela a commencé avec un petit groupe local de transition avant d’être revendiqué par le maire, qui affirme aujourd’hui : « C'est l'histoire de la ville. Nous voulions être une ville intelligente, maintenant nous voulons être une ville en transition ». 

Le moment que nous vivons appelle à être visionnaire, brillant, courageux.

Chez Ouishare, nous interagissons entre autres avec des décideurs, publics ou privés, et avec des personnes variées en capacité d’agir. Si vous aviez un message à leur partager, quel serait-il ?

R. H. : De quel côté de l'histoire voulez-vous être ? Comment voulez-vous qu'on se souvienne de vous ? Voulez-vous faire partie de ces personnes qui saisissent les opportunités qui se présentent et ne sont pas paralysées par la peur d'une croyance selon laquelle rien ne peut changer ? Le moment que nous vivons appelle à être visionnaire, brillant, courageux et à créer l'avenir pour lequel vos petits-enfants vous remercieront. Aujourd’hui, le monde a avant tout besoin de récits. Des récits de personnes en position de pouvoir qui répondent avec courage et intégrité aux défis actuels, et qui, à leur tour, partagent ces histoires.

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Rob Hopkins est un enseignant en permaculture ; il est l'initiateur du mouvement des villes en transition et a lancé celle de la ville de Totnes en 2006.

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Sur le même sujet:

> "Pour penser "Demain", intéressons-nous aux imaginaires d'"Aujourd'hui""

> "En Misarchie, le "monde d'après" existe déjà"

> "La transition n'est pas un long fleuve tranquille"

by 
Anthony Cara
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December 4, 2020

La résilience pour imaginer demain plutôt que perpétuer hier

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ENTRETIEN avec Rob Hopkins. Dans son dernier ouvrage, l’initiateur du mouvement des villes en transition remet avec passion l’imagination au cœur de notre approche de la transition écologique et de la résilience. Et si c’était l’élément qui nous faisait défaut pour parvenir à dépasser le statu quo pour de bon, et incarner une transition authentique ?

Le terme « résilience » est le mot à la mode pour désigner tout projet ou initiative territoriale. La résilience est-elle utilisée à bon escient par les décideurs ? Que dit-elle de notre trajectoire politique ?

Rob Hopkins : Ces dernières années, la résilience a été progressivement adoptée par les grandes entreprises et les gouvernements, au point de perdre sa radicalité. Tel qu’il est utilisé la plupart du temps, le concept ne remet pas fondamentalement en cause les hypothèses qui sous-tendent les systèmes établis. Prenons l’exemple des 100 villes résilientes de la Fondation Rockefeller, dont Barcelone fait partie. J’ai vu le cas d’une de ces villes qui font un travail sur la résilience cantonné aux risques environnementaux et climatiques comme les risques d’inondation, mais ne font aucun lien en termes d'alimentation, d'agriculture urbaine ou de projets énergétiques locaux. Le concept de la résilience répond alors à la question suivante : comment protéger le statu quo ? Cela revient à se demander comment protéger Wall Street des inondations...ou comment planter des toits verts sur les bâtiments d’Amazon. “Business as usual”.

La résilience invite à concevoir les villes comme des écosystèmes complexes de relations et de ressources.

Pourtant, vous avez vous-mêmes utilisé ce concept de la résilience. Que mettiez-vous derrière cela ?

R. H. : À l'époque où j'ai publié mon premier livre, The Transition Handbook (2008), j'étais fasciné par la résilience. Le terme me semblait plus utile que le concept de développement durable. Il s'agissait d’apprendre en observant comment les systèmes naturels et humains s'adaptent aux chocs, et de répliquer ces modèles. Mais alors que de nombreuses publications se réclamant du concept de résilience se fondaient sur l’idée du “retour à la normale” (bouncing back), avec le mouvement des villes en transition, nous voyions la résilience comme un moyen de rebondir vers l’avant (bouncing forward). Nous voulions utiliser l'anticipation de ces chocs pour concevoir un système différent et mieux disant.

Pour moi, la résilience se met au service de la transition. La résilience est un moyen utile d'articuler ce vers quoi nous essayons de basculer. C'est une façon fondamentale de voir où nous voulons aller et ce à quoi nous voulons ressembler. Elle permet aussi d’examiner les systèmes qui nous entourent. Lesquels sont résilients face aux chocs ? Nos systèmes alimentaires ? Nos écoles ? Notre économie ? Notre système énergétique ? Elle permet aussi d’imaginer des scénarios d’atténuation du dérèglement climatique. S'il est encore possible de rester en dessous d’un réchauffement de 1,5°C, cela nécessite de repenser et de reconstruire en profondeur tous nos systèmes. J’ai à l’esprit ce qu’exprime Naomi Klein à ce sujet : « Il ne reste aucune option non radicale devant nous ». Surtout, la résilience invite à concevoir les villes comme des écosystèmes complexes de relations et de ressources. Comment relier la ville au territoire qui l'entoure ? Qui va cultiver la nourriture ? Avec quel système d'éducation ? Nous devons former les ingénieurs, les architectes et toutes les personnes qui vont participer à résoudre l'urgence climatique et écologique et ces questions. Seulement alors, la résilience est envisagée et utilisée avec une approche imaginative et proactive. Et cela devient passionnant.

Martin Luther King n'a pas dit : « Je rêve qu’un jour... mais il est probablement trop tard, et nous ne voulons pas d'inconvénients... »

La résilience est aussi marquée par notre rapport à la vulnérabilité…  Comment le dépasser ?

R. H. : Quand nous vivons sur une planète où, au cours d'une vie, 70 % des créatures et des espèces auront disparu, ressentir un sentiment profond d'anxiété et de désespoir est parfois la réponse naturelle. Les collapsologues pourraient bien avoir raison et pour certains, c'est une façon puissante de voir les choses. Dans le bouddhisme par exemple, la première des quatre nobles vérités affirme qu'il y aura de la souffrance, que nous vivons dans un monde d'impermanence. Cela nous apprend à vivre avec cette conscience que le monde qui nous entoure est profondément fragile. Et en même temps, si l’effondrement est la seule possibilité que nous pouvons voir, alors cela devient une prophétie qui se réalise d'elle-même. Pour moi, il est encore possible de créer quelque chose d'extraordinaire et de phénoménal si nous y apportons suffisamment d'imagination, de puissance et de travail. Martin Luther King au Lincoln Memorial en 1963 n'a pas dit : « Je rêve qu’un jour... mais il est probablement trop tard, et nous ne voulons pas d'inconvénients... » Nous avons besoin d’une histoire qui fédère et donne à imaginer un monde profondément différent. Mais comment faire naître le désir de cet avenir ? C’est la grande question. Avant que Neil Armstrong ne se pose sur la lune en 1969, il s’est écoulé des décennies d’imagination et de désir d’aller sur notre satellite. Une équipe dont la moyenne d'âge était de 26 ans, et qui partait de presque zéro, l'a réalisé en seulement 10 ans. De la même manière, l’écrivain et poète Reiner Maria Rilke nous enseignait que l'avenir doit nous pénétrer bien avant qu'il ne se produise. Ce qui doit venir en premier, c’est l’envie, le désir.

Vous plaidez pour une reconsidération du pouvoir de l’imagination. Pourquoi manquons-nous d’imagination ? Et pourquoi devons-nous l’entretenir ?

R. H. : En lisant beaucoup d’auteurs que j'admire comme Bill McKibben ou Naomi Klein, j'ai compris que notre approche du changement climatique manque cruellement d'imagination. J’aime définir l’imagination comme la capacité à voir les choses comme si elles pouvaient être autrement. Dans la société, dans les conversations politiques, à l'école ou à l'université, l'imagination se réduit drastiquement. C'est très dangereux ; l'imagination est comme un muscle que nous devons faire travailler. Quand je travaille avec des groupes, je fais beaucoup d'exercices autour de l'imagination, en particulier avec l'outil « et si » (what if?). Il y a tellement de mouvements dont les récits sont « qu’il est aujourd’hui trop tard » ou que « nous avons échoué »... Mais que se passerait-il si nous réussissions dans les dix prochaines années ?  J’invite les groupes en transition avec lesquels je travaille à imaginer ce que serait l'avenir. Comment se sent-on ? Que voyez-vous, que sentez-vous, entendez-vous ? Que faites-vous ou mangez-vous dans ce futur ? Ensuite, nous pouvons imaginer les questions et les valeurs qui ont rendu cet avenir possible. Il est important de le faire au préalable, avant de discuter de la résilience et de la transition, car cela nous amène à être beaucoup plus flexibles mentalement pour les aborder. 

L'imagination est la capacité de voir les choses comme si elles pouvaient être autrement.

Beaucoup de mouvements de transition dessinent un futur décroissant. Comment désirer cet avenir-là ? Un monde décroissant peut-il être un monde épanoui ?

R. H. : L'une des critiques que certains nous adressent est que nous voulons revenir en arrière et ramener les gens dans les grottes. Ma réponse est la suivante : si vous voulez une garantie de retour en arrière, d’entrer dans une ère sombre de famines et de troubles sociaux, alors ne faites rien. Nous vivons dans un monde soumis à des contraintes, mais cela n’a rien de limitant ! Au contraire, un magnifique aspect de l'imagination est qu'elle se développe le mieux lorsqu'elle a des limites. Alors oui, imaginer des systèmes différents implique d'avoir moins. Moins d'anxiété, moins de stress, moins d’abondance matérielle et énergétique. Mais il s'agit aussi d’avoir plus. Plus de convivialité, plus de rues où les enfants jouent, plus de travaux qui ont un sens, plus de choix. Sur le plan économique, je crois beaucoup à l’idée d’un revenu universel pour donner aux personnes l'espace dont elles ont besoin et réduire les inégalités. À Grande-Synthe par exemple, la transition a été conçue autour de la question suivante : "Comment se mettre au service des plus pauvres ?” Encore une fois, tout est une question d'imagination.

Au regard de votre expérience pratique de la transition, quels rôles peuvent jouer les réseaux, groupes de transition et organisations locales ?

R. H. : Dans une société qui souffre d'une épidémie de solitude, d'isolement et d'anxiété, les réseaux de personnes sont le premier vecteur de résilience. La période de Covid l’a montré ; dans le mouvement des villes en transition, plusieurs personnes ont témoigné de l’ampleur prise par leurs projets et réseaux au plus fort de la crise. Soumises à un choc, les communautés ayant le plus de liens sociaux sont les plus résistantes. Et c’est là que commence la transition. 

Néanmoins, les communautés locales de transition ne sont pas la seule chose dont nous avons besoin. Nous avons besoin d'accords internationaux, d’entreprises qui changent profondément ce qu'elles sont et ce qu'elles font, de gouvernements qui créent un cadre favorable pour voir ces démarches se pérenniser. Les maires et les municipalités doivent aussi jouer leur rôle et donner aux communautés les ressources et les équipements nécessaires pour être actrices de la transition.

La transition est comme l'inoculation d'une micro-culture : vous ne pouvez pas prévoir où elle se répandra et elle portera ses fruits dans des endroits que vous ne soupçonnez pas.

Les maires sont une figure politique importante en France. Peuvent-ils avoir un rôle plus proactif dans les mouvements de transition?

R. H. : Lorsque nous avons conçu le mouvement de transition, il s'agissait d'une boîte à outils pour les communautés qui voulaient commencer depuis là où elles se trouvaient, sans attendre la permission de leur gouvernement local. Ce fut le modèle des dix premières années. Mais si les maires n’ont que très peu de pouvoir en Grande-Bretagne, ce n’est pas le cas partout ailleurs en Europe, à commencer par la France. C'est l'une des raisons pour lesquelles le mouvement de transition a mis en place « Municipalités en transition », un projet international qui tente d'explorer les liens entre les communautés et les municipalités. Si nous voulons avancer à la vitesse nécessaire, il est essentiel d'avoir des maires alignés. De nombreux exemples montrent que l’action du maire peut être décisive : à Grande-Synthe avec Damien Carême, Ungersheim avec Jean-Claude Mensch. 

Mais la transition n’est pas un processus linéaire. C'est comme l'inoculation d'une micro-culture : vous ne pouvez pas prévoir où elle se répandra et elle portera ses fruits dans des endroits que vous ne soupçonnez pas. Dans le mouvement des villes en transition, nous nous réjouissons d'explorer ces limites, ces zones d'incertitude et nous sommes à l'aise avec la polarité. Nous devons avoir confiance en ce vers où la transition nous mène. La ville de Liège est un bon exemple de la façon dont ces initiatives se développent. Ils ont commencé il y a sept ans avec une grande question : et si, dans une génération, la majorité de la nourriture consommée dans la ville provenait du territoire le plus proche de la ville ? Ils ont maintenant 25 nouvelles coopératives, une monnaie locale, et ont récolté 5 millions d'euros d'investissements auprès des Liégeois. Cela a commencé avec un petit groupe local de transition avant d’être revendiqué par le maire, qui affirme aujourd’hui : « C'est l'histoire de la ville. Nous voulions être une ville intelligente, maintenant nous voulons être une ville en transition ». 

Le moment que nous vivons appelle à être visionnaire, brillant, courageux.

Chez Ouishare, nous interagissons entre autres avec des décideurs, publics ou privés, et avec des personnes variées en capacité d’agir. Si vous aviez un message à leur partager, quel serait-il ?

R. H. : De quel côté de l'histoire voulez-vous être ? Comment voulez-vous qu'on se souvienne de vous ? Voulez-vous faire partie de ces personnes qui saisissent les opportunités qui se présentent et ne sont pas paralysées par la peur d'une croyance selon laquelle rien ne peut changer ? Le moment que nous vivons appelle à être visionnaire, brillant, courageux et à créer l'avenir pour lequel vos petits-enfants vous remercieront. Aujourd’hui, le monde a avant tout besoin de récits. Des récits de personnes en position de pouvoir qui répondent avec courage et intégrité aux défis actuels, et qui, à leur tour, partagent ces histoires.

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Rob Hopkins est un enseignant en permaculture ; il est l'initiateur du mouvement des villes en transition et a lancé celle de la ville de Totnes en 2006.

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by 
Anthony Cara
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