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January 11, 2018

Vous aussi, passez au transport de demain !

Nos voitures restent à l’arrêt 92% du temps, polluent, et nous coûtent de plus en plus cher. Entre le coût de l’achat, l’entretien et l’utilisation, le budget moyen d’une voiture dépasse les 5500 € par an. Une conclusion logique s'impose : pourquoi ne partageons-nous pas nos voitures ? La technologie est prête, et la confiance nécessaire au bon fonctionnement du système peut être générée par les systèmes de réputation.

Mais vous allez me dire : « Oui mais la voiture, c’est compliqué, on y est très attaché ». Eh bien, pas si sûr : les changements de mentalité en cours, notamment venant des plus jeunes générations, semblent indiquer le contraire…

Voici un état des lieux des nouvelles possibilités offertes par la mobilité partagée, phénomène qui s’accélère depuis quelques mois.

L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Quelle viabilité ?

Tel était l’intitulé d’une conférence-débat organisée par Silicon Sentier à La Cantine en juin dernier. Le point de départ de cette réflexion est simple : si les besoins en transports sont loin de diminuer, la perception de la voiture a beaucoup évolué au fil du temps. En quelques décennies, la voiture est passée du rang de témoin de réussite socio-professionnelle et de liberté individuelle à celui de contrainte économique (coût d’acquisition et d’entretien) et productive (congestion sur les routes et en ville, impact environnemental, etc.). L’émergence de nouveaux services à la mobilité permise par l’arrivée d’acteurs extérieurs au monde traditionnel de l’automobile a permis de replacer la mobilité – et non plus l’automobile – au centre du débat sur les transports.

L’automobile et l’individu : naissance et fin d’une grande histoire d’amour

L’histoire d’amour entre l’individu et l’automobile commence en 1908, lorsque la Ford T sort des entrepôts de la Ford Motor Company et devient la première voiture accessible à tous. Depuis, les constructeurs automobiles n’ont cessé de promouvoir la voiture en tant qu’objet universel et indispensable, et sont parvenus à créer chez les conducteurs un rapport affectif pour ne pas dire fusionnel à leur voiture. Au fil des années, la voiture est ainsi devenue le compagnon de la famille, puis l’indispensable objet à acquérir car reflet de la réussite sociale.

Cette perception de la voiture est aujourd’hui bouleversée par le nouveau rapport des jeunes générations à la voiture comme l’explique un rapport récent du GWL Realty Advisors (pdf) :

De plus en plus d’études montrent que les jeunes générations ont un rapport différent à l’automobile, qui n’est plus vue comme vecteur de liberté. Au lieu de cela, les technologies numériques portables – qu’il s’agisse de smartphones, d’ordinateur portable, ou MP3, etc - leur fournissent un moyen alternatif d’expression personnelle les rendant libres de faire ce que bon leur semblent… Il apparaît que les jeunes générations trouvent moins d’intérêt à la voiture, s’installer dans des villes bien desservies et adaptées aux piétons correspondant à leurs styles de vie naturels.

Les moins de 30 ans la considèrent de plus en plus comme une contrainte – tout d’abord financière (coût d’acquisition, assurance, essence, parking, entretien, etc.) mais également productive (infrastructures routières congestionnées, centres urbains bouchés) et environnementale. Il en résulte une transformation de la façon dont les individus pensent la mobilité et une prise de conscience progressive que si le besoin de déplacement n’a pas disparu (bien au contraire), ce n’est pas la possession d’un véhicule mais bien son utilisation qui permet d’assouvir ce besoin.

Ce nouveau rapport à la voiture aura évidemment des conséquences sur l’industrie automobile dans son ensemble, comme l’affirme John Elkington dansle Guardian :

Ce qui effraie véritablement l’industrie automobile est le fait que les jeunes générations se mettent à envisager différemment la possession d’une voiture. Au contraire des générations précédentes, pour lesquelles posséder une voiture était un signe d’indépendance, de succès, les plus jeunes sont aujourd’hui considérablement moins enclins à posséder leur propre voiture.

De la voiture personnelle aux services de mobilité

Face à cette contestation croissante du modèle « une automobile par personne », on assiste à l’avènement d’un nouvel écosystème de la mobilité, qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde du transport automobile. Ces entreprises proposent des alternatives novatrices en termes de mobilité visant soit à remplacer, soit à améliorer l’utilisation de véhicules privés. Quelles formes revêtent ces nouveaux services de mobilité partagée ?

Le covoiturage, forme la plus connue – et répandue – de mobilité partagée, connaît actuellement un essor fulgurant. Alors qu’il y a une dizaine d’années, le covoiturage ne se faisait qu’avec des amis ou des collègues, plusieurs sites se proposent aujourd’hui de mettre en contact les particuliers souhaitant partager un trajet en voiture et les frais associés. Lancé en 2004, Covoiturage.fr a franchi en avril le cap du million de membres et génère chaque mois des partages de trajets pour 250.000 personnes, pour un total de 6 millions de voyages depuis sa création. En plus d’être bien plus économique qu’un billet de train, le covoiturage peut être l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous.

Et, si vous vous inquiétez de la possibilité que votre conducteur (et réciproquement votre passager) vous pose un lapin, rassurez-vous, Covoiturage.fr a pensé à tout : de même que sur eBay, les membres s’évaluent régulièrement permettant ainsi à chacun de sélectionner en connaissance de cause ses partenaires de voyage.

L’autopartage, qui selon Wikipédia se réfère au « système dans lequel une société, une agence publique, une coopérative, une association, ou même un groupe d’individus de manière informelle, met à la disposition des clients ou des membres du service un ou plusieurs véhicules ». En France, excepté dans quelques régions, l’autopartage n’a pas connu un développement aussi prononcé que dans d’autres pays comme la Suisse avec Mobility ou les Etats-Unis avec Zipcar. L’arrivée d’Autolib pourrait changer la donne.

La location de voitures entre particuliers peut être considérée comme une forme d’autopartage au sens large, mais c’est une forme de partage bien plus révolutionnaire – et plus aboutie – puisqu’elle connecte directement les particuliers entre eux. Et ce marché en pleine expansion pourrait bien devenir une réelle alternative à la propriété individuelle d’une voiture.

Bon nombre de plateformes proposent des services de location de voitures entre particuliers comme Zilok, Deways, CityzenCar, Livop, Unevoiturealouer, ainsi que le récent Buzzcar, fondé par Robin Chase (déjà fondatrice du réseau américain Zipcar, leader mondial de l’autopartage). Dans un article sur l’économie du partage publié sur le blog de Buzzcar, Robin Chase résume ainsi le principe de ce type de plateformes :

Je ne partage ma voiture que quand je n’en ai pas besoin (et soyons honnête, c’est la plupart du temps). Et je sais que “le conducteur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam” n’est pas un complet étranger. Je vois son permis de conduire et sa carte d’identité, ses photos et les notations et commentaires des autres membres. Je dépense moins en assurance et plus sur ce qui me fait plaisir !

Drivy, lancé en mai 2010, est l’un des pionniers de cette nouvelle forme de mobilité partagée. Le site permet de mettre en relation les particuliers souhaitant optimiser l’utilisation de leur véhicule et ceux qui désirent en louer une, et leur offre également une assurance à la location afin de rassurer davantage les membres de sa communauté.

Alors, convaincu ? Vous aussi, vous voulez tester ? Rien de plus simple :

Cas n°1 : Vous n’avez pas de voiture, mais votre cher voisin en a une qui a la fâcheuse tendance de rester stationnée bien trop longtemps ? Téléchargez ce petit flyer et glissez-le dans sa boîte aux lettres !

Cas n°2 : Vous avez une voiture et vous êtes en train de vous rendre compte que vous vous en servez bien moins souvent que prévu ? Alors commandez votre autocollant !

Cas n°3 : Vous avez une voiture, vous la louez déjà sur un site de location entre particuliers. Eh bien, faites comme Louis en personnalisant votre voiture pour donner envie à des personnes de la louer.

https://www.youtube.com/watch?v=4nsCAnVVFAM

Mais que font les constructeurs automobiles ?

Les constructeurs commencent à prendre conscience des modifications fondamentales de la demande des utilisateurs et rivalisent pour proposer des offres de mobilité ou d’autopartage adaptées aux nouveaux usages.

Parmi les nouvelles offres qui pourraient vous intéresser, Peugeot figure en tête des constructeurs français, avec son offre de mobilité « Mu by Peugeot » (www.mu.peugeot.fr) lancée en 2010. Celle-ci propose aux particuliers de consommer à la carte des services de mobilité allant du vélo électrique au véhicule utilitaire, en passant par le scooter pour les déplacements urbains ou le cabriolet pour les weekends romantiques. L’offre Mu permet ainsi à ses utilisateurs d’avoir accès à un large éventail de solutions de mobilité, y compris les véhicules hybrides les plus récents, sans avoir à faire face aux coûts grandissants liés à la possession d’une voiture.

Peugeot serait-elle en train de cannibaliser ses propres produits ? Pas nécessairement, puisque d’après le Guardian, 55% des utilisateurs de Mu ne possèdent pas de voiture, 60% ont moins de 35 ans, et 85% n’ont jamais possédé de véhicule Peugeot. Au-delà de Peugeot, Citroën a également lancé une offre de mobilité intitulée Multicity. Mais l’initiative de Citroën comme celle de Peugeot ressemblent plus, d’après les experts de la mobilité, à des tests du marché qu’à des changements de cap stratégiques.

Alors autopartage, covoiturage, etc., simple mode écolo, me direz-vous ? Probablement pas. Même en Allemagne, le fief européen de l’automobile, la possession d’une voiture est de moins en moins plébiscitée comme le montrent ces statistiques :

Il y a dix ans, un allemand sur deux agé de 18 et 29 ans possédait une voiture, aujourd’hui ils ne sont plus que un sur trois. 80% des jeunes allemands entre 20 et 29 ans considèrent qu’il n’est pas nécessaire de posséder une voiture en ville. 40% reconnaissent d’ailleurs que posséder une voiture n’est pas spécialement « cool » de nos jours.

Cette désaffection pour la voiture particulièrement marquée en Allemagne est telle que les principaux constructeurs automobiles (Daimler, BMW, mais également Volkswagen) proposent dorénavant de vraies solutions d’autopartage. Leur stratégie dans tout ça ? Plutôt que de rester les bras croisés à regarder les ventes de voitures diminuer inexorablement, ces constructeurs préfèrent permettre aux conducteurs ne désirant pas acheter de voiture immédiatement de vivre l’expérience de leur marque et de s’y habituer, en espérant que le jour où ils désireront en acquérir une, leur choix se portera vers leur marque respective.

Et vous le partage de voitures, ça vous parle ? Si vous en possédez une, seriez-vous prêt à la partager ?

Un billet de Viviane Prétet.

Crédit illustration

Paternité
Pas d'utilisation commerciale

tim caynes ;

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Dans le cadre du colloque DESIGNING COMMUNITY dont Ouishare a été partenaire-organisateur, nous nous sommes entretenus avec Igor Galligo, chercheur à l’EHESS à Paris, chercheur associé à IXDM à Bâle et fondateur de Noödesign, un think tank qui s'intéresse à l’influence des technologies sur l’évolution de nos formes de pensées et de nos formes de vies. Alors que le Grand Débat a pris fin et les contre-débats naissent en réaction, nous lui avons demandé de nous parler de design participatif, des community managers et de la place des plateformes numériques dans la construction du mouvement des Gilets Jaunes.

Nos voitures restent à l’arrêt 92% du temps, polluent, et nous coûtent de plus en plus cher. Entre le coût de l’achat, l’entretien et l’utilisation, le budget moyen d’une voiture dépasse les 5500 € par an. Une conclusion logique s'impose : pourquoi ne partageons-nous pas nos voitures ? La technologie est prête, et la confiance nécessaire au bon fonctionnement du système peut être générée par les systèmes de réputation.

Mais vous allez me dire : « Oui mais la voiture, c’est compliqué, on y est très attaché ». Eh bien, pas si sûr : les changements de mentalité en cours, notamment venant des plus jeunes générations, semblent indiquer le contraire…

Voici un état des lieux des nouvelles possibilités offertes par la mobilité partagée, phénomène qui s’accélère depuis quelques mois.

L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Quelle viabilité ?

Tel était l’intitulé d’une conférence-débat organisée par Silicon Sentier à La Cantine en juin dernier. Le point de départ de cette réflexion est simple : si les besoins en transports sont loin de diminuer, la perception de la voiture a beaucoup évolué au fil du temps. En quelques décennies, la voiture est passée du rang de témoin de réussite socio-professionnelle et de liberté individuelle à celui de contrainte économique (coût d’acquisition et d’entretien) et productive (congestion sur les routes et en ville, impact environnemental, etc.). L’émergence de nouveaux services à la mobilité permise par l’arrivée d’acteurs extérieurs au monde traditionnel de l’automobile a permis de replacer la mobilité – et non plus l’automobile – au centre du débat sur les transports.

L’automobile et l’individu : naissance et fin d’une grande histoire d’amour

L’histoire d’amour entre l’individu et l’automobile commence en 1908, lorsque la Ford T sort des entrepôts de la Ford Motor Company et devient la première voiture accessible à tous. Depuis, les constructeurs automobiles n’ont cessé de promouvoir la voiture en tant qu’objet universel et indispensable, et sont parvenus à créer chez les conducteurs un rapport affectif pour ne pas dire fusionnel à leur voiture. Au fil des années, la voiture est ainsi devenue le compagnon de la famille, puis l’indispensable objet à acquérir car reflet de la réussite sociale.

Cette perception de la voiture est aujourd’hui bouleversée par le nouveau rapport des jeunes générations à la voiture comme l’explique un rapport récent du GWL Realty Advisors (pdf) :

De plus en plus d’études montrent que les jeunes générations ont un rapport différent à l’automobile, qui n’est plus vue comme vecteur de liberté. Au lieu de cela, les technologies numériques portables – qu’il s’agisse de smartphones, d’ordinateur portable, ou MP3, etc - leur fournissent un moyen alternatif d’expression personnelle les rendant libres de faire ce que bon leur semblent… Il apparaît que les jeunes générations trouvent moins d’intérêt à la voiture, s’installer dans des villes bien desservies et adaptées aux piétons correspondant à leurs styles de vie naturels.

Les moins de 30 ans la considèrent de plus en plus comme une contrainte – tout d’abord financière (coût d’acquisition, assurance, essence, parking, entretien, etc.) mais également productive (infrastructures routières congestionnées, centres urbains bouchés) et environnementale. Il en résulte une transformation de la façon dont les individus pensent la mobilité et une prise de conscience progressive que si le besoin de déplacement n’a pas disparu (bien au contraire), ce n’est pas la possession d’un véhicule mais bien son utilisation qui permet d’assouvir ce besoin.

Ce nouveau rapport à la voiture aura évidemment des conséquences sur l’industrie automobile dans son ensemble, comme l’affirme John Elkington dansle Guardian :

Ce qui effraie véritablement l’industrie automobile est le fait que les jeunes générations se mettent à envisager différemment la possession d’une voiture. Au contraire des générations précédentes, pour lesquelles posséder une voiture était un signe d’indépendance, de succès, les plus jeunes sont aujourd’hui considérablement moins enclins à posséder leur propre voiture.

De la voiture personnelle aux services de mobilité

Face à cette contestation croissante du modèle « une automobile par personne », on assiste à l’avènement d’un nouvel écosystème de la mobilité, qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde du transport automobile. Ces entreprises proposent des alternatives novatrices en termes de mobilité visant soit à remplacer, soit à améliorer l’utilisation de véhicules privés. Quelles formes revêtent ces nouveaux services de mobilité partagée ?

Le covoiturage, forme la plus connue – et répandue – de mobilité partagée, connaît actuellement un essor fulgurant. Alors qu’il y a une dizaine d’années, le covoiturage ne se faisait qu’avec des amis ou des collègues, plusieurs sites se proposent aujourd’hui de mettre en contact les particuliers souhaitant partager un trajet en voiture et les frais associés. Lancé en 2004, Covoiturage.fr a franchi en avril le cap du million de membres et génère chaque mois des partages de trajets pour 250.000 personnes, pour un total de 6 millions de voyages depuis sa création. En plus d’être bien plus économique qu’un billet de train, le covoiturage peut être l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous.

Et, si vous vous inquiétez de la possibilité que votre conducteur (et réciproquement votre passager) vous pose un lapin, rassurez-vous, Covoiturage.fr a pensé à tout : de même que sur eBay, les membres s’évaluent régulièrement permettant ainsi à chacun de sélectionner en connaissance de cause ses partenaires de voyage.

L’autopartage, qui selon Wikipédia se réfère au « système dans lequel une société, une agence publique, une coopérative, une association, ou même un groupe d’individus de manière informelle, met à la disposition des clients ou des membres du service un ou plusieurs véhicules ». En France, excepté dans quelques régions, l’autopartage n’a pas connu un développement aussi prononcé que dans d’autres pays comme la Suisse avec Mobility ou les Etats-Unis avec Zipcar. L’arrivée d’Autolib pourrait changer la donne.

La location de voitures entre particuliers peut être considérée comme une forme d’autopartage au sens large, mais c’est une forme de partage bien plus révolutionnaire – et plus aboutie – puisqu’elle connecte directement les particuliers entre eux. Et ce marché en pleine expansion pourrait bien devenir une réelle alternative à la propriété individuelle d’une voiture.

Bon nombre de plateformes proposent des services de location de voitures entre particuliers comme Zilok, Deways, CityzenCar, Livop, Unevoiturealouer, ainsi que le récent Buzzcar, fondé par Robin Chase (déjà fondatrice du réseau américain Zipcar, leader mondial de l’autopartage). Dans un article sur l’économie du partage publié sur le blog de Buzzcar, Robin Chase résume ainsi le principe de ce type de plateformes :

Je ne partage ma voiture que quand je n’en ai pas besoin (et soyons honnête, c’est la plupart du temps). Et je sais que “le conducteur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam” n’est pas un complet étranger. Je vois son permis de conduire et sa carte d’identité, ses photos et les notations et commentaires des autres membres. Je dépense moins en assurance et plus sur ce qui me fait plaisir !

Drivy, lancé en mai 2010, est l’un des pionniers de cette nouvelle forme de mobilité partagée. Le site permet de mettre en relation les particuliers souhaitant optimiser l’utilisation de leur véhicule et ceux qui désirent en louer une, et leur offre également une assurance à la location afin de rassurer davantage les membres de sa communauté.

Alors, convaincu ? Vous aussi, vous voulez tester ? Rien de plus simple :

Cas n°1 : Vous n’avez pas de voiture, mais votre cher voisin en a une qui a la fâcheuse tendance de rester stationnée bien trop longtemps ? Téléchargez ce petit flyer et glissez-le dans sa boîte aux lettres !

Cas n°2 : Vous avez une voiture et vous êtes en train de vous rendre compte que vous vous en servez bien moins souvent que prévu ? Alors commandez votre autocollant !

Cas n°3 : Vous avez une voiture, vous la louez déjà sur un site de location entre particuliers. Eh bien, faites comme Louis en personnalisant votre voiture pour donner envie à des personnes de la louer.

https://www.youtube.com/watch?v=4nsCAnVVFAM

Mais que font les constructeurs automobiles ?

Les constructeurs commencent à prendre conscience des modifications fondamentales de la demande des utilisateurs et rivalisent pour proposer des offres de mobilité ou d’autopartage adaptées aux nouveaux usages.

Parmi les nouvelles offres qui pourraient vous intéresser, Peugeot figure en tête des constructeurs français, avec son offre de mobilité « Mu by Peugeot » (www.mu.peugeot.fr) lancée en 2010. Celle-ci propose aux particuliers de consommer à la carte des services de mobilité allant du vélo électrique au véhicule utilitaire, en passant par le scooter pour les déplacements urbains ou le cabriolet pour les weekends romantiques. L’offre Mu permet ainsi à ses utilisateurs d’avoir accès à un large éventail de solutions de mobilité, y compris les véhicules hybrides les plus récents, sans avoir à faire face aux coûts grandissants liés à la possession d’une voiture.

Peugeot serait-elle en train de cannibaliser ses propres produits ? Pas nécessairement, puisque d’après le Guardian, 55% des utilisateurs de Mu ne possèdent pas de voiture, 60% ont moins de 35 ans, et 85% n’ont jamais possédé de véhicule Peugeot. Au-delà de Peugeot, Citroën a également lancé une offre de mobilité intitulée Multicity. Mais l’initiative de Citroën comme celle de Peugeot ressemblent plus, d’après les experts de la mobilité, à des tests du marché qu’à des changements de cap stratégiques.

Alors autopartage, covoiturage, etc., simple mode écolo, me direz-vous ? Probablement pas. Même en Allemagne, le fief européen de l’automobile, la possession d’une voiture est de moins en moins plébiscitée comme le montrent ces statistiques :

Il y a dix ans, un allemand sur deux agé de 18 et 29 ans possédait une voiture, aujourd’hui ils ne sont plus que un sur trois. 80% des jeunes allemands entre 20 et 29 ans considèrent qu’il n’est pas nécessaire de posséder une voiture en ville. 40% reconnaissent d’ailleurs que posséder une voiture n’est pas spécialement « cool » de nos jours.

Cette désaffection pour la voiture particulièrement marquée en Allemagne est telle que les principaux constructeurs automobiles (Daimler, BMW, mais également Volkswagen) proposent dorénavant de vraies solutions d’autopartage. Leur stratégie dans tout ça ? Plutôt que de rester les bras croisés à regarder les ventes de voitures diminuer inexorablement, ces constructeurs préfèrent permettre aux conducteurs ne désirant pas acheter de voiture immédiatement de vivre l’expérience de leur marque et de s’y habituer, en espérant que le jour où ils désireront en acquérir une, leur choix se portera vers leur marque respective.

Et vous le partage de voitures, ça vous parle ? Si vous en possédez une, seriez-vous prêt à la partager ?

Un billet de Viviane Prétet.

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Pas d'utilisation commerciale

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Vous aussi, passez au transport de demain !

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May 24, 2012
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Nos voitures restent à l’arrêt 92% du temps, polluent, et nous coûtent de plus en plus cher. Entre le coût de l’achat, l’entretien et l’utilisation, le budget moyen d’une voiture dépasse les 5500 € par an. Une conclusion logique s'impose : pourquoi ne partageons-nous pas nos voitures ? La technologie est prête, et la confiance nécessaire au bon fonctionnement du système peut être générée par les systèmes de réputation.

Mais vous allez me dire : « Oui mais la voiture, c’est compliqué, on y est très attaché ». Eh bien, pas si sûr : les changements de mentalité en cours, notamment venant des plus jeunes générations, semblent indiquer le contraire…

Voici un état des lieux des nouvelles possibilités offertes par la mobilité partagée, phénomène qui s’accélère depuis quelques mois.

L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Quelle viabilité ?

Tel était l’intitulé d’une conférence-débat organisée par Silicon Sentier à La Cantine en juin dernier. Le point de départ de cette réflexion est simple : si les besoins en transports sont loin de diminuer, la perception de la voiture a beaucoup évolué au fil du temps. En quelques décennies, la voiture est passée du rang de témoin de réussite socio-professionnelle et de liberté individuelle à celui de contrainte économique (coût d’acquisition et d’entretien) et productive (congestion sur les routes et en ville, impact environnemental, etc.). L’émergence de nouveaux services à la mobilité permise par l’arrivée d’acteurs extérieurs au monde traditionnel de l’automobile a permis de replacer la mobilité – et non plus l’automobile – au centre du débat sur les transports.

L’automobile et l’individu : naissance et fin d’une grande histoire d’amour

L’histoire d’amour entre l’individu et l’automobile commence en 1908, lorsque la Ford T sort des entrepôts de la Ford Motor Company et devient la première voiture accessible à tous. Depuis, les constructeurs automobiles n’ont cessé de promouvoir la voiture en tant qu’objet universel et indispensable, et sont parvenus à créer chez les conducteurs un rapport affectif pour ne pas dire fusionnel à leur voiture. Au fil des années, la voiture est ainsi devenue le compagnon de la famille, puis l’indispensable objet à acquérir car reflet de la réussite sociale.

Cette perception de la voiture est aujourd’hui bouleversée par le nouveau rapport des jeunes générations à la voiture comme l’explique un rapport récent du GWL Realty Advisors (pdf) :

De plus en plus d’études montrent que les jeunes générations ont un rapport différent à l’automobile, qui n’est plus vue comme vecteur de liberté. Au lieu de cela, les technologies numériques portables – qu’il s’agisse de smartphones, d’ordinateur portable, ou MP3, etc - leur fournissent un moyen alternatif d’expression personnelle les rendant libres de faire ce que bon leur semblent… Il apparaît que les jeunes générations trouvent moins d’intérêt à la voiture, s’installer dans des villes bien desservies et adaptées aux piétons correspondant à leurs styles de vie naturels.

Les moins de 30 ans la considèrent de plus en plus comme une contrainte – tout d’abord financière (coût d’acquisition, assurance, essence, parking, entretien, etc.) mais également productive (infrastructures routières congestionnées, centres urbains bouchés) et environnementale. Il en résulte une transformation de la façon dont les individus pensent la mobilité et une prise de conscience progressive que si le besoin de déplacement n’a pas disparu (bien au contraire), ce n’est pas la possession d’un véhicule mais bien son utilisation qui permet d’assouvir ce besoin.

Ce nouveau rapport à la voiture aura évidemment des conséquences sur l’industrie automobile dans son ensemble, comme l’affirme John Elkington dansle Guardian :

Ce qui effraie véritablement l’industrie automobile est le fait que les jeunes générations se mettent à envisager différemment la possession d’une voiture. Au contraire des générations précédentes, pour lesquelles posséder une voiture était un signe d’indépendance, de succès, les plus jeunes sont aujourd’hui considérablement moins enclins à posséder leur propre voiture.

De la voiture personnelle aux services de mobilité

Face à cette contestation croissante du modèle « une automobile par personne », on assiste à l’avènement d’un nouvel écosystème de la mobilité, qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde du transport automobile. Ces entreprises proposent des alternatives novatrices en termes de mobilité visant soit à remplacer, soit à améliorer l’utilisation de véhicules privés. Quelles formes revêtent ces nouveaux services de mobilité partagée ?

Le covoiturage, forme la plus connue – et répandue – de mobilité partagée, connaît actuellement un essor fulgurant. Alors qu’il y a une dizaine d’années, le covoiturage ne se faisait qu’avec des amis ou des collègues, plusieurs sites se proposent aujourd’hui de mettre en contact les particuliers souhaitant partager un trajet en voiture et les frais associés. Lancé en 2004, Covoiturage.fr a franchi en avril le cap du million de membres et génère chaque mois des partages de trajets pour 250.000 personnes, pour un total de 6 millions de voyages depuis sa création. En plus d’être bien plus économique qu’un billet de train, le covoiturage peut être l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous.

Et, si vous vous inquiétez de la possibilité que votre conducteur (et réciproquement votre passager) vous pose un lapin, rassurez-vous, Covoiturage.fr a pensé à tout : de même que sur eBay, les membres s’évaluent régulièrement permettant ainsi à chacun de sélectionner en connaissance de cause ses partenaires de voyage.

L’autopartage, qui selon Wikipédia se réfère au « système dans lequel une société, une agence publique, une coopérative, une association, ou même un groupe d’individus de manière informelle, met à la disposition des clients ou des membres du service un ou plusieurs véhicules ». En France, excepté dans quelques régions, l’autopartage n’a pas connu un développement aussi prononcé que dans d’autres pays comme la Suisse avec Mobility ou les Etats-Unis avec Zipcar. L’arrivée d’Autolib pourrait changer la donne.

La location de voitures entre particuliers peut être considérée comme une forme d’autopartage au sens large, mais c’est une forme de partage bien plus révolutionnaire – et plus aboutie – puisqu’elle connecte directement les particuliers entre eux. Et ce marché en pleine expansion pourrait bien devenir une réelle alternative à la propriété individuelle d’une voiture.

Bon nombre de plateformes proposent des services de location de voitures entre particuliers comme Zilok, Deways, CityzenCar, Livop, Unevoiturealouer, ainsi que le récent Buzzcar, fondé par Robin Chase (déjà fondatrice du réseau américain Zipcar, leader mondial de l’autopartage). Dans un article sur l’économie du partage publié sur le blog de Buzzcar, Robin Chase résume ainsi le principe de ce type de plateformes :

Je ne partage ma voiture que quand je n’en ai pas besoin (et soyons honnête, c’est la plupart du temps). Et je sais que “le conducteur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam” n’est pas un complet étranger. Je vois son permis de conduire et sa carte d’identité, ses photos et les notations et commentaires des autres membres. Je dépense moins en assurance et plus sur ce qui me fait plaisir !

Drivy, lancé en mai 2010, est l’un des pionniers de cette nouvelle forme de mobilité partagée. Le site permet de mettre en relation les particuliers souhaitant optimiser l’utilisation de leur véhicule et ceux qui désirent en louer une, et leur offre également une assurance à la location afin de rassurer davantage les membres de sa communauté.

Alors, convaincu ? Vous aussi, vous voulez tester ? Rien de plus simple :

Cas n°1 : Vous n’avez pas de voiture, mais votre cher voisin en a une qui a la fâcheuse tendance de rester stationnée bien trop longtemps ? Téléchargez ce petit flyer et glissez-le dans sa boîte aux lettres !

Cas n°2 : Vous avez une voiture et vous êtes en train de vous rendre compte que vous vous en servez bien moins souvent que prévu ? Alors commandez votre autocollant !

Cas n°3 : Vous avez une voiture, vous la louez déjà sur un site de location entre particuliers. Eh bien, faites comme Louis en personnalisant votre voiture pour donner envie à des personnes de la louer.

https://www.youtube.com/watch?v=4nsCAnVVFAM

Mais que font les constructeurs automobiles ?

Les constructeurs commencent à prendre conscience des modifications fondamentales de la demande des utilisateurs et rivalisent pour proposer des offres de mobilité ou d’autopartage adaptées aux nouveaux usages.

Parmi les nouvelles offres qui pourraient vous intéresser, Peugeot figure en tête des constructeurs français, avec son offre de mobilité « Mu by Peugeot » (www.mu.peugeot.fr) lancée en 2010. Celle-ci propose aux particuliers de consommer à la carte des services de mobilité allant du vélo électrique au véhicule utilitaire, en passant par le scooter pour les déplacements urbains ou le cabriolet pour les weekends romantiques. L’offre Mu permet ainsi à ses utilisateurs d’avoir accès à un large éventail de solutions de mobilité, y compris les véhicules hybrides les plus récents, sans avoir à faire face aux coûts grandissants liés à la possession d’une voiture.

Peugeot serait-elle en train de cannibaliser ses propres produits ? Pas nécessairement, puisque d’après le Guardian, 55% des utilisateurs de Mu ne possèdent pas de voiture, 60% ont moins de 35 ans, et 85% n’ont jamais possédé de véhicule Peugeot. Au-delà de Peugeot, Citroën a également lancé une offre de mobilité intitulée Multicity. Mais l’initiative de Citroën comme celle de Peugeot ressemblent plus, d’après les experts de la mobilité, à des tests du marché qu’à des changements de cap stratégiques.

Alors autopartage, covoiturage, etc., simple mode écolo, me direz-vous ? Probablement pas. Même en Allemagne, le fief européen de l’automobile, la possession d’une voiture est de moins en moins plébiscitée comme le montrent ces statistiques :

Il y a dix ans, un allemand sur deux agé de 18 et 29 ans possédait une voiture, aujourd’hui ils ne sont plus que un sur trois. 80% des jeunes allemands entre 20 et 29 ans considèrent qu’il n’est pas nécessaire de posséder une voiture en ville. 40% reconnaissent d’ailleurs que posséder une voiture n’est pas spécialement « cool » de nos jours.

Cette désaffection pour la voiture particulièrement marquée en Allemagne est telle que les principaux constructeurs automobiles (Daimler, BMW, mais également Volkswagen) proposent dorénavant de vraies solutions d’autopartage. Leur stratégie dans tout ça ? Plutôt que de rester les bras croisés à regarder les ventes de voitures diminuer inexorablement, ces constructeurs préfèrent permettre aux conducteurs ne désirant pas acheter de voiture immédiatement de vivre l’expérience de leur marque et de s’y habituer, en espérant que le jour où ils désireront en acquérir une, leur choix se portera vers leur marque respective.

Et vous le partage de voitures, ça vous parle ? Si vous en possédez une, seriez-vous prêt à la partager ?

Un billet de Viviane Prétet.

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